Les dirigeants de la junte birmane démissionnent avant les élections
Il est encore difficile de savoir si le chef suprême, le général Than Shwe
(77 ans), a également choisi de démissionner comme le signalent des
journalistes birmans en exil mais linformation n'a pas pu être confirmée de
source indépendante.
« Le chef de la junte birmane, le général Than Shwe, son successeur le
général Maung Aye ainsi que six autres officiers supérieurs ont démissionné
de leurs postes », a écrit The Irrawaddy, vendredi passé. Le journal est
publié dans la ville septentrionale de Chiang Mai Thai. « Huit autres
personnes ont conservé leurs postes gouvernementaux », précise le journal
sur son site internet en à partir de sources provenant de la capitale
Naypidaw au centre de la Birmanie.
Lagence de presse Reuters rapporte également que « les trois plus hauts
dirigeants du Myanmar (Birmanie) ont démissionné vendredi » en sappuyant
sur une source militaire.
Loyauté
Sous le règne du général Than Shwe, la taille de larmée a doublé en
comptant près de 450.000 hommes pour un pays qui compte 53 millions
d'habitants.
En raison du départ des militaires de haut rang, il y a aussi de nombreux
changements au niveau régional. Un grand nombre de jeunes officiers vont
sauter dun rang, ce qui ne sétait plus vu depuis le coup dEtat militaire
de 1988.
Selon Win Min, un expert en affaires militaires birmanes qui vit à
l'étranger, le général Than Shwe tente de cette manière de contrôler le
processus électoral, sassurer dune victoire pour son parti et davoir une
influence sur les nouveaux dirigeants militaires. « Il semble que Than Shwe
choisirait lui-même les nouveaux dirigeants militaires pour sassurer de
leur loyauté », dit-il. « Cette nouvelle génération de militaires est dans
la cinquantaine ».
Ces mouvements au sein de l'armée arrivent quatre mois après que le Premier
ministre Thein Sein et 26 officiers supérieurs avait annoncé leurs
démissions pour permettre aux candidats du parti USDP affiliés à la junte
birmane puissent participer aux élections de novembre 2010.
En vertu de la Constitution du pays de 2008, qui aurait été approuvée lors
d'un référendum frauduleux, le nouveau président doit être un citoyen « bien
conscient » des affaires militaires. La Constitution accorde une plus grande
autorité au pouvoir civil quà l'armée.
(FIN/IPS/2010)


